Mis à jour le 23 octobre 2026 par Kevin Rubrice, fondateur de Mon AGIL, plateforme de prestations immobilières pour bailleurs et professionnels.

En bref

  • Logement encore occupé : le locataire doit laisser visiter en vue d’une relocation ou d’une vente, mais jamais les jours fériés et pas plus de 2 heures par jour ouvrable. Les créneaux se fixent avec lui. Entrer sans son accord est une violation de domicile.
  • Avant de publier l’annonce : vérifiez que le logement peut être loué au regard du DPE (les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux baux depuis 2025), et préparez les diagnostics et les mentions obligatoires.
  • Après la visite : vous ne pouvez demander au candidat que les pièces d’une liste fixée par décret. Si un professionnel organise les visites, la part facturable au locataire est plafonnée par m².

1. Le droit de visite quand le logement est encore occupé

Pendant le bail, le locataire a la jouissance exclusive du logement. Le bailleur ne peut pas y entrer sans son accord, même avec un double des clés. Le faire constitue une violation de domicile, punie jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Pour relouer (ou vendre), la loi encadre les visites :

Règle Détail
Quand ? Pendant le préavis, en vue de la relocation, ou en vue de la vente.
Jours Jours ouvrables uniquement (du lundi au samedi), jamais les jours fériés.
Durée 2 heures maximum par jour. Toute clause du bail plus contraignante est réputée non écrite.
Horaires À convenir avec le locataire. Mieux vaut les confirmer par écrit (e-mail) à l’avance.
En son absence Seulement avec son accord écrit pour l’utilisation des clés.

Conseil : proposez au locataire sortant un planning groupé, par exemple deux créneaux par semaine. Vous limitez le dérangement et vous concentrez les candidats.

2. Avant les visites : les vérifications et la préparation

Côté réglementation :

  • DPE en cours de validité : les logements classés G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, les F suivront en 2028 et les E en 2034. La classe énergie doit figurer dans l’annonce.
  • Dossier de diagnostic technique prêt à être annexé au bail : DPE, électricité et gaz (installations de plus de 15 ans), plomb, état des risques, etc.
  • Annonce conforme : loyer et charges, dépôt de garantie, honoraires éventuels, surface habitable, classe énergie. En zone d’encadrement des loyers, le loyer de référence s’ajoute.

Côté logement :

  • Réparations urgentes faites, ampoules changées, équipements fonctionnels.
  • Ménage complet et logement aéré : c’est la première impression du candidat.
  • Logement lumineux (volets ouverts, éclairage allumé) et neutre.
  • Un état des lieux de sortie déjà réalisé si le logement est libre : vous savez exactement ce que vous louez.

3. Organiser et mener la visite

  1. Filtrer les demandes avant de donner un rendez-vous : situation professionnelle, date d’entrée souhaitée, nombre d’occupants. Vous évitez les visites inutiles.
  2. Choisir le format : visites individuelles (plus d’échanges) ou créneaux groupés (gain de temps, effet de demande). Pour les candidats éloignés, une visite vidéo en direct peut précéder la visite physique.
  3. Arriver en avance pour ouvrir, éclairer et vérifier que tout est en ordre.
  4. Suivre un parcours logique, en terminant par la pièce principale. Présentez les surfaces, les équipements, les travaux récents, le montant des charges et ce qu’elles couvrent.
  5. Être transparent sur les points faibles (bruit, exposition, travaux prévus) : cela évite un départ rapide et les litiges.
  6. Remettre une fiche récapitulative : loyer, charges, dépôt de garantie, date de disponibilité, pièces à fournir, contact.

Sécurité : vérifiez l’identité des visiteurs, ne laissez jamais les clés et ne divulguez pas les codes d’accès avant la signature du bail.

4. Après la visite : le dossier du candidat

Vous ne pouvez demander au candidat et à sa caution que les justificatifs d’une liste limitative fixée par décret : identité, domicile, situation professionnelle, ressources. Il est interdit d’exiger, par exemple, une photo d’identité, un relevé de compte bancaire, une attestation de bonne tenue de compte, la carte Vitale ou un dossier médical.

Le choix du locataire ne peut reposer sur aucun critère discriminatoire (origine, nom, sexe, situation de famille, état de santé…).

5. Combien coûtent les visites ?

Qui organise Coût pour le bailleur Part refacturable au locataire
Le bailleur lui-même Son temps (déplacements, créneaux, relances) Aucune
Une agence (mandat de location) Honoraires librement fixés Visite, constitution du dossier et rédaction du bail : plafond de 8, 10 ou 12 €/m² de surface habitable selon la zone (12 € en zone très tendue, 10 € en zone tendue, 8 € ailleurs), et jamais plus que la part du bailleur. + 3 €/m² pour l’état des lieux d’entrée
Un prestataire de visites (sans mandat de location) Prix de la prestation Aucune

6. Déléguer les visites

Pour un propriétaire éloigné ou un gestionnaire qui relouent souvent, enchaîner les créneaux devient vite chronophage. Mon AGIL assure vos visites de biens partout en France : un intervenant accueille les candidats, présente le logement et vous fait un compte rendu. Les visites sont proposées par créneaux d’1 à 3 heures, à partir de 64 €. Les états des lieux, le ménage avant mise en location et les petits travaux se commandent au même endroit.

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Questions fréquentes

Mon locataire peut-il refuser les visites pendant son préavis ?

Non, s’il s’agit de relouer ou de vendre, dans la limite de 2 heures par jour ouvrable et hors jours fériés. Les créneaux se fixent d’un commun accord. En cas de blocage, une lettre recommandée rappelant la règle suffit généralement.

Puis-je faire visiter en l’absence du locataire ?

Seulement avec son accord écrit pour l’utilisation des clés. Sans cet accord, l’entrée dans le logement est une violation de domicile.

Peut-on faire visiter le dimanche ?

Seulement si le locataire en place l’accepte. La règle légale vise les jours ouvrables (du lundi au samedi), hors jours fériés. Si le logement est vide, vous êtes libre.

Quels documents puis-je demander à un candidat locataire ?

Uniquement ceux de la liste fixée par décret : pièce d’identité, justificatif de domicile, justificatifs de situation professionnelle et de ressources. Relevés bancaires, photos ou attestations de bonne tenue de compte sont interdits.

Peut-on louer un logement classé G au DPE ?

Non, pas pour un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028, puis les E en 2034.

Sources : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (art. 4, 5, 6 et 22-2), décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 (pièces justificatives), décret n° 2014-890 du 1er août 2014 (honoraires), loi « Climat et résilience » du 22 août 2021 (calendrier DPE), code pénal (art. 226-4), service-public.fr.